Como as Flores – Machado Novo Trio

Como as Flores – Machado Novo Trio

Jean-Marie Machado, Claude Tchamitchian & Ze Luis Nascimento

Date de sortie : 23/01/2026
Label : La Buissonne

« Penser une fleur c’est la voir et la respirer, et manger un fruit c’est en connaître le sens » *, écrivait le poète Fernando Pessoa, celui-là même qui, d’un album à l’autre, a tant inspiré le compositeur Jean-Marie Machado.

Difficile de ne pas songer au lien qui unit le pianiste-compositeur au verbe et à l’imaginaire de Pessoa lorsque l’on découvre Como as Flores, superbe bouquet sonore offert par ce tout nouveau trio. Pas seulement parce que Jean-Marie Machado a choisi la langue portugaise – langue de l’enfance, aux côtés de l’espagnol, de l’italien et de l’arabe – pour nommer cet album et plusieurs des pièces qui le composent, mais aussi parce que la musique de ce florilège est enveloppée par la chaude et vibrante lumière du sud, et qu’elle jaillit, qu’elle coule avec l’évidence du courant. Aucun obstacle, aucun rocher ne vient freiner la course folle des fleurs, des branches emportées au fil de l’eau. Paisiblement, Jean-Marie Machado continue à dérouler les vagues de son Ode maritime à lui.

Finalement, on ne sait pas très bien si l’on doit la fluidité de ce Como as flores à l’influence de l’océan dans la vie et la musique de ce Tangérois de naissance, ou à son sens de la danse, de la pulsation – certains diront du groove – capable d’emporter avec lui, jusqu’à la transfigurer, la plus petite cellule de nos corps souvent pressés et fatigués.

Ce qui est sûr, c’est que pour former ce trio il a choisi deux comparses, deux navigateurs, portés par le même goût des ailleurs (l’un d’origine arménienne, l’autre Brésilien) et le même sens de la danse et du chant. On dit de certaines fleurs qu’elles ont un parfum entêtant. Si les fleurs de ce bouquet nous enivrent, c’est aussi par la force de leur lyrisme. La musique de ce Machado Novo trio chante à en perdre haleine ! Douce ivresse que celle de ces fleurs-là, et dont on ne sort pas indemnes, oscillant sans cesse entre jubilation et saudade.

Anne Montaron

* Fernando Pessoa
Le Gardeur de Troupeaux d’Alberto Caeiro
Éditions Poésie Gallimard

Jean-Marie Machado – piano et compositions
Claude Tchamitchian – contrebasse
Ze Luis Nascimento – percussions